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CONTACTS
On voit rarement les contacts d'un photographe. On ne voit que la photo choisie,
on ne voit pas l'avant et l'après. Une photo prise au 1/125ème de seconde. Qu'est-ce qu'on connaît du
travail du photographe ? Une centaine de photos ? Peut-être 125 ? En tout, ça fait 1 seconde. Peut-être
250 ? Ce serait déjà une oeuvre conséquente et ça ferait 2 secondes. La vie d'un
photographe, même d'un grand photographe comme on dit: 2 secondes. Bon... (William Klein)
Il y a quelques 150 ans, la photographie était une aventure, le photographe un héros,
chaque nouvelle image un événement. Elle était contemplée, admirée, exposée dans des salons prestigieux:
Paris, Londres, Berlin, Vienne, Bruxelles...
Aujourd'hui, il est devenu normal de voir quasi instantanément les images d'un
événement, dût-il se passer aux antipodes. Mais cette accélération des
technologies gomme aussi le temps de réflexion et d'approfondissement, pour mener finalement à
une formidable banalisation de l'image faisant partie de notre quotidien, envahissant les murs de nos villes,
nos journaux et nos écrans, se multipliant à l'infini, aussitôt prise, aussitôt diffusée,
consommée... et oubliée.
Pourtant, pour le photographe, chaque projet dans lequel il s'est investi reste une
aventure dont il ramène des centaines de photos et autant d'anecdotes. Il en tirera quelques dizaines
d'épreuves, quatre ou cinq seront peut-être exposées, et le reste — sous forme de planches-contact
argentiques ou numériques — échoue dans les archives. Outils de travail permettant de
sélectionner les photos à exposer, les planches-contact sont aussi la mémoire d'un projet et de
ses instants privilégiés. Pourtant, elles sont rarement montrées en tant que telles.
Aujourd'hui nous vous proposons un voyage initiatique sur les traces du photographe. Les
planches-contact, les bouts d'essai, les images si semblables mais toutes différentes parmi lesquelles il a
fait son choix, la succession des épreuves de travail témoins de son cheminement patient vers le
«tirage parfait» vous apprendront plus sur l'auteur et son univers que ses images d'exposition.
Quant à ces dernières, patience! Vous aurez le loisir de les admirer au même
endroit dans quelques semaines, à partir du 3 juillet, rassemblées et présentées sous
le titre « Louvain-la-Neuve, entre Terre et Béton ».
Et peut-être vous souviendrez-vous alors que derrière chacune d'elles il y a beaucoup de ratages pour
quelques réussites, une quête patiente du « mot » juste, une tranche de vie que l'auteur tient à
partager avec vous.
En attendant, nous vous invitons à nous accompagner dans les « coulisses de l'exploit »..
Bonne visite!
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